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YANN BIRGY

LES ECLATS DU SILENCE


Analyse artistique


Cette composition éclate de couleurs vives et de formes expressives, mais derrière cette explosion visuelle se cache une tension, presque une dissonance. Le collage, fait de superpositions fragmentées, rappelle l’esthétique du cubisme et du fauvisme, évoquant des artistes comme Picasso ou Jean-Michel Basquiat, avec une approche brute et instinctive du trait.

 

L’image semble former un visage éclaté, déconstruit par des morceaux de papier déchirés, comme si la figure elle-même était en train de se dissoudre. Les yeux disproportionnés et asymétriques ajoutent un effet de malaise, renforcé par cette bouche béante, figée dans un cri silencieux.

 

Il y a quelque chose du Cri d’Edvard Munch, mais avec une palette chromatique plus sauvage et électrique, qui rappelle l’énergie du street art et du néo-expressionnisme.


L’utilisation du bleu et du jaune crée un contraste frappant, presque enfantin dans son intensité, mais qui peut aussi évoquer une innocence brisée. Le fond en carton brut ajoute une dimension brute et urbaine, comme si cette œuvre était un vestige d’un monde en déconstruction.

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Il n’y a plus de contours nets, plus de frontières. Juste un visage éclaté, une identité morcelée, éclaboussée de couleurs trop vives pour être heureuses. Les yeux, grands ouverts, cherchent quelque chose – un regard, une présence, une main tendue – mais ils ne voient que des fragments de mémoire, des morceaux éparpillés d’un passé que personne ne recolle.


La bouche s’ouvre dans un cri, mais aucun son ne sort. L’abandon résonne autrement : il se grave dans la peau, il s’enroule autour des formes comme un lierre invisible. L’enfance est là, quelque part, dans ces teintes saturées et ces lignes brutes, mais elle est déformée, troublée, comme une chanson dont on aurait perdu la mélodie. Tout est désordre et trop-plein.

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Trop de couleurs, trop d’émotions, trop d’absence. Comme si l’oubli lui-même s’était repeint en couleurs vives pour masquer ce qu’il laisse derrière lui. Mais sous la surface, il ne reste que des éclats. Des éclats de silence, des éclats d’un amour parti trop tôt.

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